Témoignages

 
Voici rassemblés les témoignages que le Comité de parents a recueilli. Ils ont été écrits par des parents ayant acccouché à la Maison de naissance, à la maison ou à l'hôpital mais tous accompagnés d'une sage-femme. Bonne lecture.
 
 

Lumière hivernale

(Car il faut bien commencer quelque part je commence ici!) J'ai commencé à avoir des contractions, environ au 20 minutes, très relax, doucement le 19 décembre au soir. J'écoute un film avec mon chum Mathieu, Genesis (très approprié comme film finalement bien que choisis un peu au hasard, sur le cycle de la vie), on se couche, ça se calme, on dort. Je croyais accoucher plus tôt, j’étais prête depuis le 1er, date de ma 37e semaine. Le lendemain matin, même scénario : contractions, un peu, et puis pas du tout… Je demande à mon chum de ne pas rentrer au travail: il lui en reste que deux jours avant son congé de Noël de toute manière. On finit toutes nos commissions dernière minute sur les quelques trucs qu’on pensait être utiles pour l’accouchement à la maison, les contractions repartent toujours doucement à toutes les 12-15 minutes. Avant le souper, j'appelle la sage-femme, je me dis que c'est pour bientôt. J’essaie surtout de la « pogner » avant son congé… sur l’horaire, elle termine le jour même à 16h ou 17h… Elle m’écoute et me dit de rappeler en soirée pour voir comment ça progresse… Je suis soulagée de savoir que ce sera elle qui sera là… pas que je n’aime pas l’autre sage-femme… seulement nous l’avons rencontré que deux fois… le lien de confiance n’est pas la même.
Au souper, ça arrête : contractions aux 20-30 minutes. Découragée d'entendre les autres jaser comme si rien n'étais alors que j’ai l’impression de vivre un mini-drame (je vis dans une communauté de 6 adultes), je vais m'étendre dans ma chambre, j'appelle ma mère, pis ma sœur enceinte de 6 mois, je parle de mon découragement, du fait que ma coloc sait déjà qu’elle s’occupera d’Emmanuel 5 ans, du fait qu’il faut que je décompresse et que j’accepte ça comme ça vient... même si ça veut dire demain ou dans une semaine. Mon chum vient me voir pour me suggérer d'aller marcher, me rappelant que ça aide pour activer le pré-travail ou du moins pour nous donner une meilleure idée sur comment ça s’enligne pour le restant de la soirée. Je le laisse me convaincre (à presque 40 semaines, on n'a pu vraiment le goût de mettre bottes et manteau pour aller marcher!) En me levant du lit PLOUFF! tite-culotte, jeans mouillé: c'est les eaux. Il est 19h. C'est parti! Je vais au toilette me changer, retourne dans ma chambre pour dire le tout à Mathieu, replousch, ça continue à couler un peu. C’est maintenant clair que ça sera d’ici le matin, j’en suis convaincue (« les femmes n’accouchent qu’à la noirceur non? » que je me dis.)
On va marcher quand même, les contractions sont bien là à toutes les 5-6 minutes, même plus, assez intenses, assez longues, on n’a pas de montre mais on s’en fout. Mathieu et moi on rit comme des cons à nous voir marcher si lentement, on se raconte toute sorte de trucs et on rigole pour des riens : on est heureux bref. On retourne à la maison appelle la sage-femme, genre 20h, elle demande si elle veut qu’elle vienne... oui. En l'attendant, je profite du calme entre les contractions pour préparer le lit (je me rappelle me concentrer pour tout bien faire drap-plastique-drap-douillette – vivement les préparations à la dernière minute!) Ça me détend pendant un temps de m’occuper les mains, une contraction accotée sur le bureau, on continue, une deuxième... Saute dans la douche, j'entends la sage-femme arriver, je continue à prendre les contractions. Mon fils va à la toilette avant que j’entre dans la douche, je lui glisse quelques mots sur ce qui est en train de se passer, il hoche la tête pour signifier qu’il comprend, il repart jouer. Je retourne à mes contractions sous le jet d’eau, je me force à bien les sentir, je me rappelle de toujours rester ouverte, qu'il n'y a pas de chemin de retour, il faut aller de l'avant et c'est ça ce que je dois m'efforcer de faire: ouvrir mon corps, laisser couler, laisser descendre, faire confiance, danser un peu les hanches, aider. Je fais des bulles dans le jet de la douche pour m’aider respirer. Ça va bien un temps.
Je me tanne de la douche, je sors, la sage-femme me salue d'un sourire, elle me regarde aller dans ma chambre, elle veut savoir si ça va bien là-dedans, elle écoute le cœur... moi je dois avouer que ça m’inquiète pas. Elle n'ose pas me demander si elle peut regarder où en est mon col, la dilatation... elle sait que je préfère ne pas avoir d'examen, on en a parlé souvent. Je sais pu trop comment mais je lui demande de regarder où en est mon col parce que je ne suis pas capable de sentir quoi que ce soit. En effet, le col est très loin, elle l’atteint difficilement et ouverture en smile qu'elle dit, à voir son visage, je sais que c'est bon signe, que je fais bien mon travail. Elle m'offre un bain: ça ne me dit rien.
Retour à la douche avec Mathieu assis sur une chaise à côté et qui me regarde bouger. On rigole encore (« beau spectacle » qu’il me dit à me regarder danser!) même si je ne suis pas toujours capable de répondre aussi rapidement: les contractions me détachent tranquillement, les hormones commencent à me faire planer. J’entends mon fils jouer au baseball à la Wii : « quatorze, quinze, SEIZE, DIX-SEPT, etc. »… il compte les coups de circuit, ça me rassure, il l’avait dit lui qui parle peu : « Quand le bébé va sortir, moi je vais jouer à la Wii, et je vais venir pour voir le cordon » Nous avons bien fait de lui faire confiance : il trouve sa place là-dedans. Alors que j’aurais pu être dérangée par ses cris, je suis plutôt contente de l’entendre : je sais qu’il va bien.
Je sors encore de la douche: je vois la deuxième sage-femme à la table avec l’autre, leur verre d’eau, à parler tranquillement… comme je le voulais. J'ai mal dans le bas du dos. Je prends quelques contractions sur le lit: c'est pénible, je n’ai plus de position, la douleur dans le bas du dos. La sage-femme suggère le bain pour diminuer la douleur, je veux bien essayer mais le bain est en haut. Je ne comprends pas tout mais je sais que Mathieu doit aller aider pour préparer le bain (en fait plus tard je saurais que c’est pour enlever le plywood qui bloque l'accès au deuxième étage- nous sommes en pleine rénovations!) mais moi je ne veux pas qu'il me laisse seule. Il me dit, me ressaisis: « Ok, Marie, t'es capable! » Je le laisse partir… trois contractions dans le calme seule : ça fait mal, mais je me trouve bonne.
Finalement, je peux aller dans le bain, (le papier de naissance dit minuit) mais ça ne va pas vraiment. Mathieu et moi sommes seuls, je suis découragée par le mal de dos, il dit ce qu’il peut, il dit ce que j’ai besoin d’entendre, je sens vraiment qu’on fait ça ensemble depuis le début : "Je veux juste une pause..." "Mais t'en a des pauses" "Non je veux des vrais pauses, je veux juste pouvoir me reposer". Je fais des bulles, Mathieu me suggère de voir si je peux toucher quelque chose... et oui! Le bébé n'est pas loin, je le sens! Baume sur mon cœur! Je t'avais oublié bébé! Nos regards s’illuminent.
Ça doit continuer, je sais que tu travailles avec moi, bébé, la sage-femme dit que ton cœur va bien, et me suggère de changer de position de coucher à sur les genoux, me demande si ça pousse... et j'essaie de voir ce qui se passe dans mon corps et je dis: "c'est juste du caca" "Laisse tout sortir pour laisser de la place à ton bébé" et moi de remplir le bain d'excréments... je vois qu'on « pêche » pour nettoyer l'eau. Ah! J’avais besoin qu'on me donne la permission! Je sais pas vous mais moi je ne fais jamais caca dans l’eau avec mon chum assis à côté… Moins mal au dos et vite je sens le besoin de bouger. Une contraction ou deux, j’entends qu’on avertit la deuxième sage-femme de monter, elles s’installent (j’entends du bruit). Ma sage-femme dit que je dois rester dans l'eau suffisamment pour que le bébé n'ait pas d'air avant d'être dans l'eau... Ça « griche » dans mon cerveau, je ne suis pas capable de prendre les contractions comme ça, je ne suis bien que sur mes genoux comme je m'étais imaginer, la seule façon que j'étais capable de me visualiser pendant la grossesse... Soudainement, c'est clair que je ne veux pas mon bébé dans cette eau sale, mal installée.
Je me lève debout, la sage-femme dit, très surprise: "Non, Marie-Noëlle tu seras bien mieux dans le bain." (C’est vrai que nous sommes maintenant 4 dans la salle de bain) Je ne bouge pas, elle se ressaisit : "Tu veux sortir du bain?" Je ne bouge pas encore "Ok on sort MAINTENANT" Vite, je sors, une contraction debout à côté du bain, ça fait mal terrible. Une autre sur les genoux, Mathieu à la suggestion de la sage-femme est devant sur ses genoux aussi, je me pends à lui et je crie, je suis bien plantée dans le sol, dans ma tête je me dis "mais ça bouge en moi, dans mes os, j'éclate, ça prends toute la place..." J’ai une pensée pour ma coloc au sous-sol, pis je me dis : « Pis, merde, je DOIS crier ». Une contraction bien ancrée dans les bras de Mathieu, je sens le bébé glissé, la sage-femme dit de l'attraper, je pousse en criant en fin contraction... je ne veux pas attendre la prochaine... le bébé est sorti, la sage-femme me le glisse entre les jambes, je le prends. JE L'AI FAIT, JE SUIS LA MEILLEURE, J'AI RÉUSSI! Je me surprends à ne pas trop me préoccuper du bébé mais à être SI fière de moi...
Je tends le bébé à Mathieu pour pouvoir m'assoir, faire durer le suspense, une fille un gars? "Une tite-fille, on a une tite-fille" qu'il dit en pleurant. Moi je plane... je sais qu'il reste le placenta, rapidement sorti (il est magnifique la sage-femme me le montra un peu plus tard) et je pense, super pragmatique: "Vite, prendre une douche avant que je n'ai plus d'énergie." Le cordon est coupé par Mathieu quelque part dans ce temps-là (on décide finalement de ne pas réveiller Emmanuel pour cela… c’est le bordel, le sang, mes excréments partout il me semble que mes enfants peuvent avoir un meilleur lieu pour une première rencontre) on m'aide à descendre dans la douche, je souris, faible, à ma coloc, (c’est vraiment spéciale que la maison soit si vide par magie ce soir-là, seulement elle… habituellement la maison est pleine, les autres avaient tous quelque part à aller ce soir-là!) On nettoie derrière moi... Dans la douche, je touche mon ventre, surprise de le trouver vide, je pense à il n'y a même pas quelques heures, aux contractions dans ce même espace, je suis seule, je déguste : « Je suis vraiment la meilleure, tout cela est comme je l’avais vu »
Enfin, je sors, m’installe dans mon lit, ma fille dans les bras, je l'allaite déjà, on fait bien ça, on regarde le placenta, on essaie de réveiller Emmanuel qui dors depuis 23h (il faut leur faire confiance... il savait ce qu'il voulait), après vérification je n'ai pas déchirée, le bébé va bien, 8lb. Les sages-femmes nous quittent vers 3h, on réussit à réveiller Emmanuel, qui est tout endormi mais tout sourire... Clic clic! Les premières photos. Emmanuel retourne dans son lit, le bébé s'endort, on hésite un peu pour appeler nos parents, la sagesse nous dicte de dormir pendant qu'elle dort... Les appels se feront quelques heures plus tard.
Je reste surprise de la douleur des contractions après l'accouchement, on m'apprend que c'est ainsi après un deuxième et que cela augmente avec les autres... Je suis heureuse cependanr de ne pas avoir à subir à nouveau les douleurs des points de suture vécues lors de mon premier accouchement : je me relève plus vite, bien que doucement, pendant la période des Fêtes.
Aurélie (ça prends 5 jours se décider pour le nom - Mathieu se réveille avec ton nom sur les lèvres un matin), ma lumière d'hiver, née le 21 décembre 2007 à 1h, à la maison, à côté du bain.
(Ma belle-mère, dans l’après-midi, assise sur mon lit, me demande : « Alors elle est née ici? » « Non… en haut à côté du bain » Elle part à rire « Je voulais dire ici, à la maison… »)
Post-réflexion sur la pratique sage-femme : Je veux quatre enfants, dans ma tête, le quatrième, je l’aurai seule avec mon chum. D’ici là, j’apprends. J’ai osé être très franche avec ma sage-femme pendant la préparation à l’accouchement, à savoir que sa place n’est pas à côté de moi (ça c’est le rôle de mon chum) mais ailleurs, dans le salon à boire un verre d’eau… elle a « droit de visite ». Je ne me suis pas sentie envahie… peut-être seulement lorsqu’elles « s’organisaient » juste avant la naissance… Je ne sais pas trop ce qu’elles faisaient, d’un côté ça me fatiguait ce bruit, cette agitation, de l’autre, ça me rassurait parce que je savais la naissance imminente. J’ai eu un très beau suivi à l’exception d’un truc qui me chicote encore, la seule chose que je n’ai pas osé parler avec ma sage-femme: mon incapacité à savoir si ELLE serait là à l’accouchement ou si ce sera l’autre sage-femme. Je comprends, lorsque je rationalise le tout, que les sages-femmes ne peuvent pas être disponibles 24h sur 24, 7 jours sur 7, surtout pendant la période des Fêtes : je crois à la conciliation travail-famille, à l’importance de prendre des congés, etc. Cependant, je n’étais pas autant en confiance d’accoucher avec une autre sage-femme rencontrée à peine deux-trois fois… Rien de personnel contre celle-ci, bien sûr, mais seulement des questionnements. Je ne sais pas comment celle-là aurait réagi à me voir levée dans le bain pour sortir 4 contractions avant la naissance : me connaissait-elle assez pour savoir que je ne changerais pas d’avis? Me faisait-elle assez confiance? Enfin, en bref, pourquoi passer autant de temps avec une sage-femme si on accouche avec une autre qui nous connaît à peine? Finalement, dans mon cas, tout s’est déroulé comme je le voulais : en effet, ma sage-femme devait tombée en congé ce soir-là à 16h ou 17h pour le temps des Fêtes mais comme elles font habituellement la rotation le vendredi, elle n’y a pas pensé et est venue… Confusion qui joua en mon avantage… et au sien aussi j’ose croire, car je pense qu’elle voulait y être à cet accouchement… mais serait-elle venue si elle avait su qu’elle était officiellement en congé? Je crois que cela est un sujet sensible avec la légalisation de la pratique… un sujet qu’on pourrait discuter tout librement, comme on aborde d’autres peurs et désirs pour notre accouchement. Affrontée cette inquiétude pour en tirer du positif : en effet, ne sachant pas si la première sage-femme serait là, j’ai misée plus sur ma capacité d’accoucher, mon autonomie, sur mon conjoint… Une fois réfléchie, cette inquiétude m’a permise d’aller plus loin. Toujours faut-il être capable d’aborder le sujet. En fait, je n’aurais qu’un conseil : soyez franc avec ceux qui seront présents à votre accouchement.
Ah! La naissance! Comme c’est humain! (animal aussi mais vous comprenez ce que je veux dire) Il m’a fallu plus de 6 mois pour être capable de m’assoir et de trouver les mots, des mots qui ne sont pas parfaitement justes pour décrire quelque chose d’aussi intense, confus… autant de mots qui ne décrivent pas tout le cheminement de la préparation, la relecture du premier accouchement, l’intensité du moment, l’amour que je porte pour mon mari et mes enfants, mon attachement encore plus fort pour eux avec cette expérience. Des mots imparfaits, mais des mots tout de même qui résonneront peut-être dans le cœur de d’autres parents, comme les mots de tant d’autres ont résonnés (et résonnent toujours) dans le mien.

Marie-Noëlle B.-L., Sherbrooke, juillet 2008

 

Accoucher avec une sage-femme: effets secondaires

En août dernier, notre deuxième enfant voyait le jour à la Maison de naissance Mimosa. Cette expérience allait bouleverser ma vie plus que je ne l'avais d'abord cru.

C'était une belle journée d'été et la première moitié de mon accouchement s'est vécue dehors à profiter du soleil, du vent et de la vue sur le fleuve. Au moment où les contractions se firent plus longues et fortes, j'ai retrouvé le confort de la Maison et l'accueil de ma sage-femme.

Quelle fierté j'ai ressenti quand ma fille est apparue ! Non seulement était-elle vigoureuse et en santé, mais je venais de la mettre au monde tout naturellement, sans anesthésie ni autre intervention. J'avais en MOI toutes les capacités qu'il fallait pour mettre au monde mon enfant ; il me suffisait de rester ouverte, d'y croire et d'y faire appel.

Aujourd'hui encore, les effets de cet accouchement naturel se font sentir. C'est dans les moments difficiles qu'on se découvre des forces insoupçonnées. Maintenant, je connais mieux mes forces et mes limites et je les respecte davantage. Depuis, je m'affirme avec plus de conviction, tant dans ma vie personnelle que professionnelle.

De mon expérience à la Maison de naissance, je conserverai toujours une meilleure connaissance de moi, davantage de confiance en mes capacités, un sentiment de fierté et une assurance accrue. Ce ne sont là que quelques uns des effets secondaires dont on avait " oublié " de me prévenir lorsque j'ai choisi d'accoucher avec une sage-femme en Maison de naissance.

Isabelle Martineau 1999


 

Bonjour

J'ai eu l'immense bonheur d'accoucher dans une maison de naissance (Colette-Julien, Mont-Joli) pour mon premier enfant et je compte bien renouveler la merveilleuse expérience. Le climat, l'organisation, les sages-femmes, les aides natales m'ont charmés, rassurés, apaisés et donnés confiance en moi-même et en la vie. Je tiens à vous apporter mon soutien dans votre bataille concernant "l'intégration" des maisons de naissance dans le réseau de santé. Exclure les comités de parents et les sages-femmes des décisions, c'est enlever l'âme des maisons de naissances. Les maisons de naissance et ceux qui la font vivre permettent de vivre sainement et naturellement un passage de la vie qui se fait depuis la nuit des temps; mettre au monde un enfant. Je souhaite de tout coeur que le travail, la passion et la connaissance des parents et des sages-femmes soient reconnus officiellement auprès des instances du système de santé. Ce serait une victoire tant pour ces comités que pour les parents qui bénéficient de ces services et leurs enfants.

Sincèrement,

Cloé Paquette - Ste-Félicité, (Québec), avril 2008
 

Naissance de Lauranne ...

Seule devant cette maison .. combien de fois, je m’y suis rendue pour pleurer et reprendre des forces .. pour enfin trouver le courage et la détermination de mettre au monde la plus belle histoire d’Amour qui ne m’a jamais été racontée ...

Devant cette maison, si simple mais si imposante à la fois .. Si douce et pleine de vie .... Si enrichissante et pleine de douleurs ....    Je n’ai jamais été aussi en contrôle et en parfaite harmonie avec mon corps ...

La confiance en ces femmes si exceptionnelles soient-telles TOUTES ... 
Le rapprochement, de mon frère qui est un Homme exceptionnel, un Homme, un Vrai... mon Ami 
Mon accompagnante, mon amie qui j’espère sera toujours là pour nous
L'harmonie qui rime avec RESPECT et CHOIX

Toutes ces heures de souffrances autant morales que physiques se sont traduites par des encouragements, des caresses, des massages, des informations sur TOUT ce qui se passe ...

L’angoisse des dernières heures à savoir que je ne serai plus jamais seule
Le réconfort .. même des couleurs de ma chambre ...
Des escaliers, des peintures, de la chemise en nounours de la sage- femme ...
Des blagues qui circulent, et que je ris malgré tout... ça me fait tellement de bien ..

Les fameuses cloches de l'église qui me rappellent que ma fille vient de plus en plus me rejoindre ..
La vue sur mon fleuve depuis maintenant 3 ans ( demeurant dans le Vieux-Québec)  .. me rappellent que la Vie continue, coule comme de l’eau et qu’il nous faut tous passer par là un jour .... (la déception, la rage, l'incompréhension, L'AMOUR .. les joies, les rires, les partages de richesses, ETC. personne ne peux s’en échapper... la Vie coule comme cette eau et ce vent qui «frappe» sur les fenêtres de ma chambre... Cette vue... aussi simple soit telle... me rassure ...

Autant de souvenirs en si peu de temps... c’est la Vie qui me les a offerts et MERCI

À celles qui vivent et qui ont seulement ne serait-ce qu'un soupçon de force...
quelle que soit cette force...
Je ne peux que vous dire... que la Maison est une des choses qui m’a le plus appris sur moi,
à part quoi ???

À part ma fille ... qui m’en apprend à tous les jours ...

Xxx

Lilou et So, mai 2006
 

Mercredi 16 mars 2004

J’ai rendez-vous à 13h00 à la maison de naissance pour mon suivi de grossesse.  Je suis à 39 semaines et 4 jours.  Ma sage-femme (Marie-Andrée Morrisset) me demande si j’ai des signes que l’accouchement approche.  Bof!, dans les derniers jours, peu de contractions, et peu de pertes de bouchon muqueux, c’est vraiment tranquille.  Elle me fait un examen du col.  Col postérieur, effacé à presque 50% et dilaté à 1 cm.  On se quitte, Marie-Andrée et moi, en se disant que ce sera sûrement pas avant la fin de semaine.  Elle me conseille tout de même de faire l’amour, prendre des marches, m’explique comment stimuler les mamelons pour déclencher des contractions.  Mais elle me dit de ne pas me faire de faux espoirs : ces trucs ne sont pas infaillibles.

Le reste de la journée se passe calmement.  Pas de contractions.  J’ai des légères pertes de sang que j’attribue à l’examen que m’a fait Marie-Andrée.

Vers 23h30, on va se coucher.  Je me demande si je dois sauter sur mon chum, c’est que j’ai pas vraiment le goût, je suis fatiguée…  Finalement, d’en parler me donne le goût, et on passe à l’acte.  Pendant, j’ai des contractions, mais bon, c’est normal, rendu à 39 semaines…

24h00, je m’endors (ben oui, on a fait ça vite…).  Je somnole.  Je sens que les contractions reviennent fréquemment.  Je commence à être bien éveillée, alerte.  Ça revient aux 4-5 minutes, mais elles ne sont pas très intenses.  À 2h00 du mat, je réveille mon chum : « Chéri, je vais prendre un bain… »  Lui me répond : « Hein, t’as-tu des contractions ? »  Et moi, je lui rétorque : « Ben non, tsé, ça me tente de prendre un bain à 2h00 du mat !!! »

Ça fait maintenant ½ heure que je trempe dans le bain.  Je demande à mon chum d’appeler Marie-Andrée.  Je lui parle, je lui dis que les contractions sont bel et bien là, mais que je les sens vraiment légères.  La preuve, je suis capable de parler…  Je me souviens bien qu’à ma fille, je devais respirer pour bien prendre les contractions, et que je ne pouvais pas parler pendant…  Marie-Andrée me conseille d’attendre encore une quarantaine de minutes, et de la rappeler.

40 minutes plus tard, je rappelle Marie-Andrée.  Les contractions se sont rapprochées, elles se présentent aux 3 minutes.  Marie-Andrée nous donne rendez-vous à la maison de naissance pour 4h30.  On ramasse nos bagages, on habille Océane, notre première fille, et go !  On part !!

Le trajet se fait relativement calmement.  Je prends bien mes contractions, elles sont maintenant un peu plus douloureuses.  On dépose Océane chez nos amis, c’est là qu’elle séjournera pendant l’accouchement. 

On arrive à la maison de naissance.  Marie-Andrée nous accueille, m’invite à m’installer dans la chambre jaune.  (Je préférais la bleue, mais elle est déjà occupée).  Ensuite, je lui demande s’il est possible de déjeuner, il est rendu 5h20 AM, je suis debout depuis la veille…  J’hésite sur le choix de déjeuner, j’ai tellement peur de vomir mon repas plus tard dans le travail !!  Finalement, je mange une salade de fruits.

On remonte dans la chambre.  J’essaie de m’étendre et de somnoler, mais peine perdue, je suis trop énervée.  Marie-Andrée vient m’examiner : je suis presque toute effacée, et dilatée à 2 cm.  Ça avance tranquillement selon moi, mais Marie-Andrée est très contente du changement.

Il est 7h20.  Je m’installe au fauteuil berçant.   Mes contractions sont aux 5 minutes, d’intensité moyenne.  Je me trouve bonne, car je reste bien détendue pendant et entre chaque contraction.  Vers 9h00, elles sont aux 3 minutes et deviennent plus douloureuses, mais tout va bien, je me sens en contrôle.  Je mange un croissant, je me sens bien.  J’essaie le ballon, mais je ne suis vraiment pas à l’aise.

Je finis par prendre mes contractions à genoux en m’appuyant sur le bord du lit.  Mon chum me fait des pressions dans le dos, ça fait du bien.  Marie-Andrée se fait très discrète ; elle nous laisse dans notre intimité, voyant que tout se passe bien.

À 10h15, Marie-Andrée revient et me suggère d’aller au bain.  Je relaxe très bien.  Je suis complètement détendue entre les contractions, je jase avec Marie-Andrée pendant que mon chum se prépare à dîner au rez-de-chaussée.  Les contractions augmentent d’intensité.  Mon chum revient, et me verse de l’eau sur le ventre à chaque contraction.  Je focalise sur l’eau qui coule sur ma peau, ça m’aide à bien prendre chaque contraction.  Je gémis.

Vers 12h30, je suis toujours dans le bain ; ma sage-femme suggère de me réexaminer ; je suis maintenant dilatée à 7 ½ cm.  Mes contractions sont maintenant plus douloureuses.  Je me plains, je suis fatiguée, tannée.  J’aurais le goût de m’en retourner chez nous, que tout s’arrête.  Les contractions augmentent toujours en douleur ; je crie un peu.  Je pleure.

Vers 13h30, je sors du bain, j’en peux plus de tremper dans l’eau chaude, ça m’est devenu insupportable.  Je me réinstalle près du lit à 4 pattes.  Ça redevient plus facile à gérer.  Je grignote quelques fruits entre mes contractions.

Maintenant, Marie-Andrée est toujours présente ; elle continue de m’appuyer, et de m’encourager.  Elle me réexamine : 8 cm.  Elle me mentionne que les membranes devraient se rompre bientôt.  Je lui demande de le faire elle-même.  Elle m’explique que ce serait préférable de laisser mon corps faire le travail lui-même, mais j’insiste, je suis fatiguée, je veux que les choses avancent plus vite.  On s’installe et elle rompe les membranes. 

Ouf! le changement est presque instantané.Je me dis : « Oh, oh, j’aurais peut-être dû écouter Marie-Andrée et attendre que les membranes se rompent d’elles-mêmes… »  Les contractions deviennent vite hyper-douloureuses.  Je panique, je ne sais plus comment les prendre, je n’arrive plus à relaxer, je crie, je pleure, j’en veux pu !!!!!!  La 2e sage-femme arrive, elle m’invite à accepter chaque contraction, à l’accueillir.  Ce n’est pas facile.  Je me couche, je me relève, je me mets à 4 pattes, je me rassois, je ne sais plus quoi faire !  Je sens bébé qui descend dans mon bassin ; enfin, ça m’encourage, je me dis qu’il arrivera bientôt.

À 14h30, je retourne au bain.  Je relaxe enfin.  Je ne reste pas longtemps dans le bain, j’ai trop mal au dos.  Je sens que ça pousse !!  Marie-Andrée me fait un examen, je suis à 9+, elle m’invite à pousser, à accompagner chaque contraction, si l’envie de pousser y est.

J’ai très peur de pousser longtemps, je suis déjà fatiguée, et les deux heures de poussée à ma file me reviennent en tête.  Marie-Andrée me suggère de travailler avec la gravité, je m’installe donc sur le banc de naissance (petit banc en forme de U).  Je sens que bébé descend beaucoup plus vite, et je suis contente de pouvoir essayer une position moins « conventionnelle » pour accoucher !  Mais très vite, les sages-femmes se rendent compte que le cœur de Bébé faiblit, donc on me ramène au lit, couchée sur le côté gauche.  Je suis mal, incapable de pousser dans cette position, je me sens démunie !

Ma sage-femme me demande d’aller une dernière fois à la salle de bains avant la naissance, pour vider ma vessie et faire de la place pour que bébé sorte.  Assise sur la toilette, je sens tout de suite la tête qui approche, ma peau s’étire, ça brûle !  Je n’ai plus peur de pousser, car je sais que mon bébé sera là dans quelques minutes.  Vite, je me rassois sur le banc de naissance.  Je pousse quelques fois.  La tête est à demi- sortie, je la touche.  Elle est douce, un peu molle.  Je pousse encore, la tête est complètement sortie.  J’ai hâte de prendre mon bébé.  Je n’attends même pas la prochaine contraction, je pousse tout de suite.  A 16h13, Elliot prend sa première bouffée d’air.

On met tout de suite Elliot sur moi.  Mon chum pleure, moi je suis trop déconnectée, je suis dans un autre monde, je découvre mon fils.  On attend que le cordon cesse de battre.  Après 12 minutes, je le coupe moi-même, mon chum n’aime pas faire ce genre de choses !  On m’aide à m’asseoir sur le lit, et Elliot peut téter, après ½ heure de vie ; c’est déjà un champion !

Après 25 minutes suivant la naissance d’Elliot, mon placenta sort.  C’est maintenant terminé.  Ne restera qu’à recoudre mon périnée, car j’ai déchiré au 2e degré.

Après l’accouchement

Il est 17 heures.  Bébé tète toujours.  Je suis détendue.  Je repense à tout ce que j’ai vécu durant les dernières heures.  Je suis tellement fière de moi !  J’ai eu mal, j’ai crié, pleuré.  Mais j’ai réussi, j’ai eu l’accouchement que je souhaitais.  D’un bout à l’autre.  Je suis impressionnée par le calme et la sérénité dont j’ai été emplie pendant une bonne partie du travail.  Et je suis contente car à aucun moment, je n’ai souhaité être ailleurs.  Je ne me suis jamais sentie autant au bon endroit qu’à la naissance de mon fils.  J’ai eu mal, très mal, mais c’était tellement naturel, cette douleur n’était pas vaine.  J’ai accompagné mon enfant dans sa naissance, en vivant et en partageant ces moments intenses avec lui.  Je n’aurais pas voulu le vivre autrement.  Quelle différence d’avec mon premier accouchement sous péridurale !

Vers 17h30, on m’apporte une assiette de fruits et fromages, comme ça fait du bien de se remplir l’estomac.  Je souris en remarquant que les aides natales ont même taillé mon kiwi en diamant…  L’assiette est joliment remplie, c’est vraiment agréable.  Pendant ce temps, mon chum annonce la nouvelle par téléphone.

Vers 18h00, Marie-Andrée me fait mes sutures.    Ensuite, je vais prendre un bain.  Marie-Andrée pèse Elliot : 8 livres et 7 onces !!!!!!!  Hein ?  Il est donc bien gros !!!  Océane pesait un petit 6 livres et 14 onces !!

Vers 19h30, Marie-Andrée quitte, voyant que tout est sous contrôle. 

On passera notre première nuit avec Bébé à la maison de naissance.  Les aides natales seront présentes toute la nuit, pour m’apporter des Tylénol, pour vérifier si Elliot tète toujours bien…

Voilà. 

Elliot a maintenant 2 semaines et demi, il pèse maintenant 9 livres et 10 onces.  Il est en pleine forme et fait la joie de ses parents et de sa grande sœur.

Seule ombre au tableau : le dernier rendez-vous avec Marie-Andrée approche.  Le 22 avril.  Ce sera la dernière fois que nous la verrons dans le cadre de cette belle aventure.  Comme je suis triste de penser que bientôt cette femme, cette perle ne fera plus partie de ma vie.  C’est comme un deuil, après les fortes émotions que nous avons vécues ensemble…

mai 2006

 

Accoucher dans une maison de naissance...  La plus belle Aventure!

Lors des cours prénataux de ma deuxième grossesse, n'ayant pas suivi ces cours au premier et étant donné le fait qu'il y avait plus de 7 ans de différence entre ces 2 grossesses, j'ai appris qu'il existait des maisons des naissances.

Du fait même, j'apprenais avec stupeur que le coût était couvert par la RAMQ!

Après discussions avec mon conjoint, nous avons décidé d'un commun accord d'aller y jeter un oeil.

WOW!, fût notre résumé lors de notre retour en voiture après la soirée portes ouvertes.

D'un seul coup, je n'entrevoyais plus mon accouchement comme un mauvais moment à passer, mais comme l'aboutissement d'un dur travail et le début d'une nouvelle vie pour notre petite famille!

J'ai donc transféré tout mon dossier à la maison Mimosa dès le lendemain, sans aucune hésitation, après plus de 5 mois de gestation.

Tout le suivi de ma grossesse ainsi que l'accouchement ont été merveilleux: nous nous sentions en confiance, mon conjoint, les enfants et moi.  Et oui! nos enfants respectifs nous ont accompagnés à chacune des visites de routine.  Même ma mère et ma belle-mère sont venues voir!

L'accouchement en tant que tel a été bref, mais tellement enrichissant!  OUI, je suis capable de le vivre en entier, sans avoir recours à la médication.

Je crois sincèrement que cette expérience a été à la base de la belle relation que notre famille a développée avec cette nouvelle venue qu'est notre petite Frédérique!

Cynthia Lapointe, juin 2006

   
 

Cela fait maintenant tout juste cinq ans que j’ai eu le privilège de mettre au monde mon premier enfant à Mimosa.  J’entends encore les commentaires de mon entourage : Tu es sûre que c’est sécuritaire ?  Et s’il arrivait quelque chose ?  Tu ne seras jamais capable d’accoucher naturellement, mémère comme tu es !  Tous ces beaux mots d’encouragement n’ont fait que renforcer mon désir d’accoucher avec une sage-femme.

J’ai eu la chance, avec le support de ma sage-femme, de vivre trois belles grossesses.  Mes rencontres avec elle, qui durait près d’une heure, étaient des moments de ressourcement, de partage d’inquiétudes et de questionnement.  Elle avait toujours les bons mots pour me rassurer.  Elle m’a donné tous les outils afin de me préparer réalistement à vivre la douleur de l’accouchement, à y entrer, à la voir comme une alliée et non pas une adversaire à affronter.  De toute façon, geler cette douleur était impensable pour moi, dans la mesure du possible, car c’était comme dire à mon enfant de finir le chemin seul, lui lâcher la main, le laisser seul dans sa propre souffrance.  Depuis quelques décennies, on a pris en charge les femmes et je crois qu’on leur a enlevé leur confiance en leur potentiel de mettre au monde naturellement leur enfant.  Chacune de mes grossesses a eu ses peurs et ses doutes, mais je pourrai dire que je les ai vécues pleinement.

Mes trois accouchements se sont déroulés de façon différente et extraordinaire mais en même temps tout ce qu’il y a de plus ordinaire, car quoi de plus naturel pour une femme de mettre au monde un enfant.  Mon premier travail fut plus long et plus progressif, mon deuxième, une véritable tempête d’une incroyable intensité ( amplifiée par la présence non planifiée du grand frère de 21 mois !) et mon troisième encore plus rapide mais moins intense.  Il n’y a pas un accouchement pareil, mais à la naissance de mes deux premiers enfants, j’ai vraiment senti que c’était moi qui accouchais avec le support encourageant et réconfortant des sages-femmes.  Je ne me suis pas fait accoucher par qui que soit comme on entend souvent dire.  Je me suis sentie respectée dans mes choix.  Je dis pour les deux premiers car mon troisième enfant est né en milieu hospitalier dû à une légère prématurité.  Mais encore là je remercie la sage-femme qui m’a accompagnée, car elle a été d’un précieux secours en me faisant réaliser que le décor dans lequel on accouche n’est pas vraiment important.  On peut se créer notre propre atmosphère, notre bulle si importante. J’ai tout de même gardé un peu d’amertume face à cette expérience, mais avec le temps je commence à comprendre qu’on ne pourra jamais contrôler la nature.  Aussi, si je n’avais pas connu le milieu hospitalier, je n’aurais jamais pu être vraiment certaine que j’avais fait le meilleur choix qui soit pour moi en accouchant à Mimosa.

Ces trois beaux moments de ma vie resteront gravés à jamais dans ma mémoire et cela personne ne pourra jamais me l’enlever.  La maison de naissances est le lieu tout désigné pour accueillir un nouveau-né, mais aussi pour voir naître une nouvelle maman et un nouveau papa.  Je me suis fait un beau cadeau et je pense en avoir fait un tout aussi beau à mon conjoint et à mes enfants.  Et un jour, j’amènerai mes trois trésors à Mimosa et leur dirai :  C’est ici, mes amours, que j’ai eu le privilège d’entendre votre petit cœur battre pour la première fois…

Je souhaite de tout cœur à toutes les autres mamans de vivre cette aventure merveilleuse pleinement, d’en apprécier chacun des moments et d’en conserver des souvenirs magiques.

Mélanie Rodrigue
Jérémie Lavoie 5 ans, Jade Lavoie 3 ans, Gabriel Lavoie 20 mois, juin 2006

 

La naissance d’un père

Quand j’ai tenu mon premier fils dans mes bras pour la première fois, je me suis demandé pourquoi j’avais attendu si longtemps avant d’avoir un enfant.  Plusieurs personnes passent leur vie à chercher fortune. C’est simple, ayez des enfants et votre valeur vient de quintupler sur le NASDAQ de la vie.. 

Pour un père, accompagner sa femme enceinte en maison de naissances, c’est s’intégrer et participer entièrement et ce dans la mesure de sa volonté et de ses possibilités dans le parcours qui mène au moment ultime de la première rencontre avec son enfant. 

Pour ma part, j’ai trois jeunes loups, 2 fils et une fille. Jérémie 5 ans, Jade 3 ans et Gabriel 20 mois.  Jérémie et Jade sont nés en maison de naissances. Gabriel, lui, est né à l’hôpital  mais nous y reviendrons.

Dès ma première visite à la maison Mimosa, pour préparer la naissance de Jérémie, j’ai tout de suite remarqué que la place du père  n’était pas « qu’accessoire ».  On nous y donne vraiment l’espace que l’on mérite et on nous encourage à le prendre et ce avec la plus grande des gentillesses du monde. Ces sages-femmes, ou plutôt ces femmes sages, comprennent toutes les questions, les tourments et les angoisses qui peuvent trotter dans la tête d’un père et savent comment catalyser le tout en une saine énergie qui servira à enrober le cocon familial lors de la naissance.

Et toute cette attention et cette place que les sages-femmes donne au père est encore plus omniprésente lors du jour J. Le jour ou l’homme devient père. Par exemple, on m’a enseigné comment donner le tout premier bain de mon fils et jamais au grand jamais je ne me suis senti ridicule de ne pas savoir comment le faire. Tout leur protocole est basé sur 2 volets, la sécurité de la naissance et la sérénité du moment dans le bonheur, le respect et l’amour. 

Ma conjointe et moi avons senti lors de la naissance de nos enfants que nous étions les « seuls parents du monde » et que tout autour s’était stoppé. Toute l’attention était dirigée vers nous. Jamais on ne nous a considéré comme des « numéros » ou bousculé pour faire avancer le processus plus vite.  En maison de naissances, nous étions chez-nous… en famille. Je me souviens encore, quelques heures après la naissance de Jérémie, je suis allé à la cuisine pour manger un peu et il y avait des gens venu assister à la soirée d’information et j’ai crié……. « j’ai un petit garçon » avec un sourire plein le visage. J’espérais alors communiquer ma joie et passer le message aux autres futurs pères que c’était la place pour prendre « leur place ».

Si je vous communique par cet écrit  toute la passion qui monte en moi lorsque que je parle de mon expérience en maison de naissances, c’est que notre famille a vécu aussi le pendant du milieu hospitalier. Mon dernier fils Gabriel est arrivé un peu trop tôt et « malheureusement » il a fallu l’accueillir à l’hôpital.

Je dois vous dire que là… ma passion s’éteint. Sans entrer dans les détails, disons que notre expérience en milieu hospitalier n’a pas été aussi rafraîchissante et émouvante que celui en maison de naissance.

A la lecture de ce commentaire, peut-être certains diront que ma vision était biaisée d’avance et que de ce fait je manque d’objectivité …. et bien vous avez raison, mais la naissance d’un enfant ne se doit pas d’être objective, elle se doit d’être affective et bienveillante et c’est ce à quoi des dizaines de sages-femmes s’affairent dans tout le Québec.

Bravo et merci pour tous les bons soins donnés à mes petits loups.

Rémi Lavoie
Un père fortuné par l’amour inconditionnel de ses 3 enfants, juin 2006

 

Voir le jour dans l’eau

Un des nombreux points qui me faisaient opter pour l’accouchement à la Maison de naissances Mimosa était de pouvoir accoucher dans l’eau. Tout d’abord, je ne pouvais m’imaginer accoucher autrement, c’est-à-dire au sec. J’avais l’impression que le bébé passerait mieux dans l’eau. De plus, l’eau est mon élément préféré, j’adore me baigner ou faire des activités nautiques. Être dans l’eau signifie le calme et le bonheur pour moi. Ma sage-femme m’avait averti de ne pas trop me faire d’illusions car j’allais peut-être changer d’idée le moment venu; il est difficile de prévoir tous nos désirs et réactions à l’avance.

Le matin de l’accouchement (le 13 mai 2005), j’ai commencé à sentir de petites contractions. La fréquence augmentait très rapidement et c’est pourquoi j’ai contacté ma sage-femme.  Un peu plus tard, j’ai perdu mes eaux chez moi et là j’ai senti immédiatement que j’accouchais et j’ai dit à mon conjoint : « on s’en va, et vite! » Vingt à trente minutes plus tard, nous étions à la Maison de naissances Mimosa. Je suis montée à la chambre. Quelques minutes plus tard, la sage-femme est venue m’examiner et j’étais dilatée à 7! Mon conjoint et la sage-femme préparèrent le bain où j’allais passer un peu plus de deux heures. Je suis restée dans la position assise dans le bain, je me sentais bien comme ça. On avait envisagé la possibilité que mon conjoint se place à l’arrière de moi dans la baignoire pour masser mon dos, mais je voulais être seule dans l’eau, finalement.  Par contre, je tenais son bras quand une contraction arrivait. A la fin, la sage-femme m’a proposé de me placer dans le sens de la largeur pour m’aider à pousser avec les pieds. Émil a sorti sa petite tête dans l’eau à 13h16 cette même journée. Il a fait un court passage dans l’eau avant de faire entendre sa belle petite voix.

Je suis convaincue que l’eau m’a aidée à garder mon calme et ainsi vivre mieux mon accouchement. Je vais sûrement répéter l’expérience pour le prochain bébé.  J’espère que dans les futures maisons de naissances, il y aura des bassins d’eau de différentes sortes pour permettre aux bébés de passer du ventre à leur nouvel environnement en douceur.

Claudine, juillet 2006

 

Témoignage sur l’accouchement à domicile

Bien qu’ayant fort apprécié notre expérience à la maison de naissance pour mon premier accouchement, nous avons souhaité que notre deuxième enfant naisse dans notre appartement (eh oui, malgré la peur de déranger les voisins… notons qu’ils ont été fort sympathiques à notre cause quand nous leur en avons parlé).

Je me suis depuis le début sentie en sécurité chez moi ; les recherches sur l’accouchement à domicile sont éloquentes à ce sujet et si l’idée vous intéresse, votre sage-femme saura très bien répondre à vos questionnements. Pour moi, la préparation de cette naissance a été très spéciale. Cette envie de faire son nid en fin de grossesse prenait tout son sens lorsque je rangeais les pyjamas et couvertures dans la commode près de mon lit plutôt que dans une valise. J’aimais bien faire de notre maison un endroit agréable en pensant que je la ferais visiter à mon bébé et que nous allions y recevoir famille et amis après la naissance.

Personnellement, je ne suis pas sûre d’avoir tellement apprécié la différence pendant l’accouchement (non pas parce que je n’ai pas aimé être chez moi, mais tout simplement parce que je ne me souciais pas de l’endroit où j’étais, de la même façon que pour mon premier accouchement). En revanche, dès que j’ai eu mon bébé, je me suis dit que j’étais exactement à l’endroit où je devais être en ce moment. Nous étions bien au chaud, dans notre lit plein d’amour, sans nécessité de penser à quand nous en ressortirions, ce qui était très bien puisque c’était le mois de janvier. Je crois n’être ressortie de chez moi que deux semaines plus tard, consciente de par ma première expérience que ma bulle n’allait pas durer si longtemps.
Nous avons partagé une soupe avec les sages-femmes tandis qu’elles remplissaient les paperasses ; c’était si convivial ! Après ma douche, j’ai retrouvé un lit tout propre où mes deux hommes dormaient profondément, comme chez eux… Après le départ Marie-Andrée et Rébecca, j’ai pris mon enfant et suis allée le bercer au salon en regardant le sapin de Noël. C’était un moment d’intense bonheur.

Geneviève Morin, juillet 2006

 

Expérience d’accouchement à l’Hôtel Dieu de Lévis avec une sage-femme

Notre fils de 3 ans est né à l’hôpital St-Sacrement.  Cette expérience a été pour moi et mon chum très positive.  Nous voulions un accouchement naturel avec le moins possible d’interventions de la part du médecin et c’est ce qui s’est produit.  Le docteur nous a laissé aller toute la journée et j’ai pu expérimenter le ballon, le petit banc d’accouchement, le bain tourbillon et essayer toutes les positions dont nous avions envie.


À ma deuxième grossesse, j’avais envie d’essayer quelque chose de nouveau.  Et c’est en lisant le livre « Trois fées pour un plaidoyer »  que j’ai commencé un nouveau cheminement.   Comme ma gynécologue qui effectuait mon suivi n’était pas celle qui allait m’accoucher, j’avais toujours une crainte de tomber sur un médecin plutôt du genre interventionniste.  De plus, la durée des rencontres prévues avec ma gynécologue était tellement brève (6 minutes) que je sortais souvent frustrée de n’avoir pas eu le temps de poser toutes mes questions.  J’avais entendue parler par plusieurs de mes amies de la qualité des rencontres avec les sages-femmes et j’avais envie de connaître ce genre de relation.  Nous étions mon chum et moi encore plus déterminés à vivre un accouchement naturel sans épidural.  J’avais entendu à la télévision qu’il était possible d’accoucher à l’hôpital de l’Hôtel Dieu de Lévis en présence d’une sage femme et l’idée me séduisait car pour nous, c’était un peu comme avoir le meilleur des deux mondes dans le sens où nous étions prêts des services si jamais l’accouchement se déroulait mal sinon avec la sage femme pour un accouchement naturel.  Et c’est ce qui se passa pour nous.  Nous avons eu un accouchement très rapide assistée par deux sages-femmes.  Notre petite fille est née de la façon la plus naturelle qui soit.  C’est le papa qui a accueilli le bébé à sa naissance, la sage-femme a attendu que le cordon arrête de battre avant que ce dernier ne coupe le cordon et mon bébé est restée blottie bien au chaud sur mon ventre.  Dans cette même position, elle a pris sa première tétée.  Je suis entrée à l’hôpital à 4:30 et à 5:05, nous tenions notre fille dans nos bras.  Nous étions avisés que si nous voulions rester plus de 3 heures suivant l’accouchement dans la maternité, nous devions faire mon inscription dans l’hôpital où je serais devenue une patiente sous la responsabilité des infirmières et des médecins.  Comme l’accouchement avait été court et que la nuit était passée, nous étions prêts à retourner à la maison avec notre bébé.  J’ai trouvé difficile par contre de marcher.  Juste à faire les 15 pas qui séparaient mon lit de la toilette, j’avais le souffle court.  C’était mon diaphragme qui n’avait pas eu le temps de se replacer.  C’est donc en chaise roulante que je suis descendue de l’ascenseur pour monter dans la voiture pour le retour à la maison. C’est avec tout le bonheur que peut ressentir les nouveaux parents que nous nous sommes couchés dans notre lit avec notre bébé pour une bonne partie de la journée.   

Julie, juillet 2006        

 

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